Je suis Isabelle MAURER, de Mulhouse. Une femme en situation de précarité depuis bien trop longtemps, mère et grand-mère. Je milite et me bats au quotidien dans mon environnement pour essayer de soulager ceux qui croisent ma route et qui ont besoin d’assistance. Dans cette chronique, je partage avec vous mes activités et mes engagements, mes colères et mes joies, mes idées et mes utopies. Vous verrez peut-être que mes publications sont parfois décalées par rapport à l’actualité car je n’ai pas d’accès aisé à l’informatique ni à internet et je dépends donc de nombreuses bonnes volontés auour de moi. Mais on peut être précaire et s’engager, militer, aider, aimer, s’exprimer, vivre …

Ce coup de gueule a été écris fin Novembre ; quand j’étais au plus mal devant ce nouveau coup du destin … ou de l’acharnement des services dit « sociaux » : j’ai à nouveau été privé de RSA et d’APL depuis fin Octobre !

A la fin février, le problème principal des mensualités RSA et APL en retard est résolu par le versement sur mon compte des sommes dues et indûment retenues.

Il reste maintenant encore à faire régulariser la prime de fin d’année qui ne m’a pas été versée … puisque je n’étais pas (officiellement) allocataires RSA en octobre !!! Le délégué du défenseur des droits en région s’est engagé à s’en occuper. J’ai la faiblesse d’y croire.

Et il restera ensuite encore à (essayer de) récupérer les 250 euros de frais bancaires que la banque m’a prélevé pendant ces 5 mois suite aux différents « incidents bancaires » générés par cette erreur de la CAF.

Cette période fut particulièrement pénible, et je crois que j’aurai « lâché prise », complètement épuisée par les multiples combats et les injustices qui me submergeaient si la solidarité et l’entraide (hors famille proche) n’existaient pas et ne m’avait pas soutenue sur tous les plans.

Merci à eux tous …


Moi Isabelle, au RSA, je dois vous dire que nous n’avons pas de prime d’activité car nous sommes bénéficiaires d’une « allocation » appelée RSA. Le seul moment où nous pouvons cumuler RSA et salaire, c’est pour les vendanges car nous nous sommes battus pour cela. Et encore faut-il avoir un moyen de locomotion pour faire les vendanges …

Je survis donc avec 497,01 euros et 270,00 euros d’APL (Aide Personnalisé au Logement) quand j’ai franchi pour un mois, avec succès, mes 3 contrôles … et si chaque administration traite correctement mon dossier (la CAF, Pôle Emploi, le Département).

Pour votre mémoire, en 2015 on m’avait déjà coupé mon RSA pendant 27 mois. J’ai pu en récupérer une partie après des démarches indignes. Je vous invite tous à réfléchir comment on peut survivre pendant tous ces 27 mois avec ZERO euros de ressources …
Là je rembourse encore une partie des dettes accumulées pendant cette période.
Et aujourd’hui mon dossier est à nouveau en souffrance et mon RSA suspendu ! Dans ce mois d’octobre, j’ai à nouveau ZERO euros pour (sur)vivre.

J’en ai marre de tous ces cornichons qui prétendent « qu’on est bien avec des allocations sociales » !

Pour ma part, je n’ai été bien dans ma vie de femme, de maman, de grand-mère qu’aussi longtemps que j’avais un patron, du boulot et un salaire. Ce n’est malheureusement plus le cas depuis trop longtemps.
Pour sortir de ma précarité, il me faudrait un contrat salarié de 21 heures/semaine au minimum.
Je paie comptant au début de chaque mois mon loyer, l’électricité, l’eau, le gaz, les assurances (obligatoires), les frais bancaires (souvent abusifs), la TVA sur tous mes achats même alimentaires, les transports, mes médicaments non remboursés, etc … Je pourrais vous en faire la liste complète, mais je voudrais juste vous dire que rien n’est facile.
Je ne me plains pas, mes compagnons de (dé)route sont souvent sans domicile fixe et échangeraient volontiers les problèmes financiers contre un toit sur la tête et une hygiène qu’ils méritent tout comme moi.  

Le plus douloureux pour moi est le regard de mes enfants à qui je mens en leur disant « tout va bien » … alors que rien ne va ! 
Donc, battons tous pour ce Revenu Universel Inconditionnel et Individuel car de toute façon, avec ou sans Corona virus, nous allons mourir. Alors en attendant, autant que cela se passe plus sereinement qu’actuellement, non ?
Notez bien que pour ce Revenu Universel Individuel Inconditionnel pour lequel je milite, il n’y a pas d’argent, mais que depuis le COVID les milliards apparaissent comme par magie. Cherchez l’erreur !.

Moi je suis fatiguée aujourd’hui, et comme le dit Daniel Guichard dans sa chanson « ça ira mieux demain mon petit lapin« .
Vive ma France, les pieds dans la merde. Au moins nous aurons du fumier pour nos potagers. Soyons positifs !
Isabelle l’Alsacienne, très fâchée en ce moment.

Moi, Isa l’Alsacienne

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