Suite à des petits soucis de santé, je ne pars que demain prendre la route avec un peu de retard sur ce que j’avais prévu (voir mon projet Nature Liberty). Mais vivre avec l’imprévu c’est mieux. Je pars pour continuer à traverser un long tunnel dont je ne vois ni la sortie, ni la lumière. C’est le tunnel de la précarité, de l’exclusion, de se sentir inutile à la société et surtout à ses proches.

On dit souvent qui faut vivre sa vie, vivre au présent, mais quand vous n’avez plus rien pour vous accrocher à la vie, quand le présent vous apporte toujours le même quotidien, on fait comment ? Vis tes rêves, mais quand tes rêves se transforment en cauchemar on fait comment ?

tu as trop de poids sur tes épaules

Un jour un de mes anciens médecins traitants, m’a dit je cite « Michel tu as trop de poids sur tes épaules et le jour où tes épaules vont lâcher, soit tes épaules seront soulagées, soit tes épaules seront blessées« . A l’heure actuelle, c’est plutôt des épaules blessées.

Par la perte d’une mère suite à une longue maladie qui dura 17 ans, d’un père inexistant, un vide dans ma vie d’homme, une famille qui vous laisse tomber au moment ou vous en avez le plus besoin. Un jour la crise de 2008 a traversé ma vie, cela a engendré la perte de l’emploi, puis cette perte de travail a provoqué un divorce et la perte de logement. Hé oui Messieurs et Mesdames je suis un sans-abri en sursis, hébergé à ce jour.

Je ne pleure pas sur mon sort, j’ai observé le monde des gens de la rue par mes années de bénévolat et je sais très bien les dégâts qu’occasionne le fait de vivre à la rue, que cela peut détruire la vie d’un homme, d’une femme, d’une famille. Ce n’est pas ce genre de société dont je rêvais quand j’étais jeune. En 2021, avec tous les moyens que nous possédons dans ce pays, on trouve encore des familles et des êtres vivants à la rue ! Je trouve cela honteux dans un pays démocratique, un pays qui se dit « des Droits de l’Homme », un pays dont la devise est Liberté, Égalité, Fraternité. Cette devise est malmenée de nos jours.

Je pars demain renouer un lien avec la nature, cette nature qu’on maltraite depuis des décennies et dont nous voyons à chaque jour les effets néfastes pour l’humanité. Je pars demain à vélo avec une remorque chargée et je vous avoue, je ne sais pas si mentalement et physiquement j’en suis capable, mais l’audace parfois a du bon. Je vis au présent, en me posant la question tous les soirs : « que vais-je faire de ma journée de demain ? qui vais-je rencontrer ? suis-je encore utile à cette société de surconsommation, du chacun pour soi, de faux semblants, de rentabilité, du manque de respect etc… ?« 

Je pars demain, continuer mon long tunnel

Je pars demain, continuer mon long tunnel. Je vais prendre la route et donner le maximum en efforts. Désolé, je ne suis qu’un piètre écrivain, je ne suis pas non plus un biographe, mais je DEVAIS écrire ce message cette nuit. Prenez soin de vous, de vos proches et vivez l’instant présent. Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire ces quelques lignes et je vous dis salut en vous souhaitant une agréable journée.

Michel


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