Mes chers (es) Amis (es)

Le 26 novembre 2020, un article dans l’édition du Dauphiné Libéré du jour avait pour titre : “La crise sanitaire a mis en lumière l’importance des « CCAS“. Il faut dire que l’Union départementale des centres communaux d’action sociale – UDCCAS – devait tenir son Assemblé Générale quelques jours après. Y était évoqué les nombreux changements de réglementation, la connaissance des dispositifs, l’envie de travailler ensemble, sans oublier celle tout aussi essentielle qui était de remonter les demandes des territoires, tout en réaffirmant la volonté des responsables départementaux de la mutualisation des connaissances !

Une fois cela écrit, nous pensions qu’après s’être félicité d’avoir toujours cherché à dépasser les clivages politiques, ces mêmes responsables évoqueraient la détresse sociale dans laquelle se trouve être, entre autres, les travailleurs pauvres de notre département et que bien trop souvent, du moins à Grenoble, certains allocataires du RSA se sont vus fermer la porte du CCAS au cours des différentes périodes de confinement.

Alors, si le (la) journaliste voulait évoquer la clarté en parlant de lumière dans son titre, nous, nous avons surtout affronté la lumière noire durant ces dernières semaines. D’ailleurs n’est-ce pas le thème “réussir en échouant“ qui a été retenu dans le cadre du mois de l’innovation publique !?

CCAS ancré dans l’humanitaire et non dans la lutte contre la pauvreté

Pour le vivre au quotidien, le CCAS de Grenoble s’est ancré dans l’humanitaire et non dans la lutte contre la pauvreté et toutes les actions sociales qu’il initie en sont le reflet, comme la médiatisation de ses actions qui devient son premier moteur d’action. Et la pandémie que nous subissons actuellement le démontre encore un peu plus si cela était nécessaire.

Car ne nous leurrons pas. Dans les mois à venir, notre société va devoir faire face à un raz-de marée de la misère comme peut-être nous n’avons jamais dû en affronter. Sur fond de crise économique et de montée de “nouveaux pauvres“ c’est désormais des familles monoparentales, des jeunes ne pouvant pas s’insérer sur le marché de l’emploi, des seniors au chômage de longue durée qui affluent dans les permanences d’accueil. Mais en plus, victimes du chômage et de la précarité des emplois, les personnes issues de l’immigration, des sans-abris et tous les sans-papier qui ont un profil similaire à celles et ceux cités dans le paragraphe ci-dessus se présentent là où ils savent qu’ils seront reçus.

Et c’est là que les dirigeants du CCAS de Grenoble en donnant la préférence aux seconds détruise le pacte commun qui nous unit.

La couverture démocratique s’amincit quand la peur de la pauvreté grandit et que les vraies, les grandes questions demeurent sans réponse, car jamais posées.

S’il y a souffrance sociale en France, elle ne date pas d’aujourd’hui. Malheureusement, je crois que les politiciens du CCAS de Grenoble continuent à s’employer à ne pas l’entendre car ils préfèrent se cacher derrière une surdité volontaire. Ils évoquent une “classe moyenne inférieure“ en parlant de nous les travailleurs pauvres, et de précarité en évoquant celles et ceux à qui ils ne dessinent pas de visages mais qu’ils regroupent derrière des statistiques. Comme si les chiffres à eux seuls pouvaient cerner le réel de la pauvreté.

le cri des pauvres est celui d’une démocratie qui se meurt

Et le reste ? Alors ? Les humiliations, les indifférences, les souffrances, ces mépris claironnés par quelques économistes médiatiques prompts à vitupérer “l’assistanat et le compassionnel“.

Pour conclure, peut-être que celles et ceux que la misère n’empêche pas de dormir se moquent de moi et de mes affirmations. Je m’en moque. Car le cri que j’entends résonner, le cri des pauvres, c’est celui d’une démocratie qui se meurt, d’une planète qui sent qu’elle va bientôt exploser, d’un monde qui voit sa fin. Il ne nous reste que l’énergie des pauvres et l’audace des jeunes pour réagir devant tout le mépris claironné par une infime minorité de nantis.

Alain GUEZOU – RSA38 (Réflexions pour des Solutions d’Avenir – Grenoble)

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Alain GUEZOU – RSA38 (Réflexion pour des Solutions d’Avenir – Grenoble)