Les AESH (Accompagnants d’Elèves en Situation de Handicap) interviennent en milieu scolaire pour aider des enfants ou adolescents ayant un ou des handicap(s). L’handicap peut aller du simple trouble de l’attention ou du comportement à l’handicap moteur lourd. En passant par les TSA (troubles du spectre autistique), troubles dys-, trisomie, troubles neurologiques, cancer,… Leur mission est d’accompagner au mieux les élèves pour qu’ils suivent une scolarité la plus normale possible. Cela passe par de l’aide à l’autonomie, la concentration, canaliser la violence ou crise, aide à la prise de note. Cela passe parfois par des actes de soins, c’est à dire aide au repas, transfert, aide pour aller aux toilettes, aide à la socialisation,…  Et bien plus encore.

D’après l’Éducation Nationale, tout va bien : « En tant qu’AESH, vous êtes un acteur essentiel de la pleine réussite de l’école inclusive. Votre engagement au cœur de la communauté éducative et au service des élèves est décisif pour répondre durablement à la scolarisation dans de bonnes conditions des élèves en situation de handicap » (Vincent Soetemont, Directeur des ressources humaines au Ministère de l’Éducation Nationale « Guide ressource des AESH).

Mais la réalité du terrain est tout autre :

  • Un salaire entre 600 et 800 €. Rarement au-dessus.
  • Un statut d’agent contractuel précarisant. Pas de sécurité de l’emploi, pas ou peu de revalorisation salariale, pas d’évolution professionnelle,…
  • Un CDD de 3 ans (renouvelable 1 fois), en espérant un CDI à la fin de cette période. CDI qui n’apporte rien de plus.
  • Aucune reconnaissance professionnelle.
  • Peu de formation. Pourtant l’handicap ne s’improvise pas.
  • Un personnel souvent infantilisé et cadenassé par la hiérarchie.
  • Pas droit à l’indemnité REP et REP +.
  • Les PIAL (Pôles inclusifs d’accompagnement localisés) qui précarisent encore plus les AESH et qui proposent aux élèves un accompagnement au rabais.
  • Emergence d’emplois en « service civique » ambigus. Emplois qui proposent l’aide à l’inclusion d’élèves en situation de handicap, dans des établissements scolaires.

Sébastien Cazaubon est un AESH de 39 ans, il habite dans le département des Landes. Cet homme n’est pas du genre à se plaindre et il se dit chanceux d’être en France. Mais il déteste les injustices sociales de notre pays, surtout dans son boulot.

C’est pour cela que depuis quelques semaines, il a décidé de mener ce combat par amour pour son boulot.

Il enchaîne les rencontres et entretiens avec des Députés de sa région et avec la Presse, il reçoit même le soutien de personnalités de tout horizon.

Vous pouvez retrouver son actualité, sur sa page Facebook : Sébastien Cazaubon -AESH Danger Précarité-

« Ce combat que je mène est le combat des 100 000 AESH sur tout le territoire français et Outre-mer. Je ne suis pas le porte-parole, mais juste un homme qui essaye de faire bouger les choses avec ses armes. Il existe de nombreux hommes et femmes comme moi, qui essayent également de faire changer nos conditions. Plus on sera nombreux sur le terrain, plus on se fera entendre. Il est essentiel de mobiliser les politiques et les médias dans toutes les régions. Il est également important d’apporter sa voix dans les syndicats. Il est impensable d’être des travailleurs invisibles dans notre Société, alors que nous sommes les Piliers de l’inclusion scolaire en France et une des forces vives de l’Éducation Nationale. Pas d’AESH = Pas d’inclusion.

Comment voulez-vous qu’on accompagne au mieux un élève en situation de handicap, alors que les AESH sont eux-mêmes dans des situations de vulnérabilité.

Pour le moment, je suis dans le dialogue et dans une démarche de donner de la visibilité à notre belle profession. Mais dans l’avenir, si nous sommes toujours dans l’ignorance de nos politiques, je serai dans l’obligation de préparer des actions « chocs » mais non-violentes.

Nous demandons RECONNAISSANCE aux AESH et RESPECT aux élèves, qui ont droit à un accompagnement adéquat ».

Sébastien Cazaubon

AESH dans les Landes

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