Le Ministre de l’Education a annoncé le 16 mars 2021 le retour élargi du «petit-déjeuner gratuit ».

Je ressens un grand soulagement et je suis heureux de l’aboutissement de cette action. Nous avons besoin de poser des actes solidaires afin d’enrayer la pauvreté infantile qui ne cesse de s’accroître en France. J’émets le souhait qu’une loi s’inscrive de manière universelle et définitive.

Des enfants de notre pays souffrent en ce moment de nutrition insuffisante pour leur bien-être et leur développement, la bienveillance républicaine doit être la réponse dans l’urgence. Notre pays a besoin d’égalité, de fraternité et aucun enfant de France ne doit souffrir par manque de considération.

Le concept du petit-déjeuner n’est pas pour moi lié uniquement à l’alimentation, elle représente un facteur d’intégration dans une société juste.

Je m’inscris donc naturellement, une fois encore, dans cette action afin d’encourager à nouveau tous les maires et conseillers municipaux à s’inscrire dans ce projet pour les classes du premier degré et à signer avec le ministère de l’éducation nationale la convention qui permettra la mise en œuvre par un portage financier.

Peut-on imaginer aujourd’hui en France trois millions d’enfants pauvres qui fréquentent l’école de la république ? Peut-on imaginer qu’il soit possible de détourner son regard d’homme responsable de ces enfants qui ont faim parce qu’ils n’ont pas eu de quoi s’alimenter avant de venir à l’école ? Trois millions d’enfants c’est trop, un enfant qui a faim en France, c’est trop aussi. Notre rôle d’adulte et de responsable est de les protéger.

J’engage à nouveau ce combat puisqu’une déclaration a été faite aujourd’hui. J’en suis heureux et je retrouve de l’espoir. J’ai la conviction que nous pouvons réunir nos forces au-delà de convictions ou d’opinions divergentes face à cette situation indigne.

Ma voix veut porter celle de tous ces enfants qui ne l’ont pas et qui ont confiance en l’avenir parce que les adultes veillent sur eux.

Ce n’est pas un appel à la charité mais un appel à l’humanité commune qui nous relie tous. Nous ne pouvons que dire que tout système économique qui altère la dignité humaine et qui ne respecte pas chacun sera qualifiée d’injuste.

Les pouvoirs publics, l’Etat, les communes ont aussi pour mission de réduire les injustices.

Je voudrais rappeler qu’en France 157 000 enfants naissent pauvres et 2 800 00 le deviendront dans les prochaines dix années. Au-delà des chiffres, il y a des vies. Les critères internationaux de pauvreté nous parlent d’enfants qui vivent avec 2 à 5 euros par jour pour l’alimentation.

Nous devons aussi prendre en considération que les enfants nés pauvres le resteront car 180 années, soit six générations sont nécessaires pour atteindre les niveau de 1 400 euros par mois. On ne s’en sort pas en un claquement de doigts, les enfants pauvres sont nés de parents pauvres. Pas de chance ? Ou bien on est là les uns pour les autres ?

Mon premier constat rendu public a été suivi d’un appel en 2019 pour lutter contre cette précarité grandissante. Je veux que cette décision gouvernementale soit l’amorce d’une prise de conscience collective. Nous ne pouvons ignorer qu’il est très probable que les chiffres de la pauvreté vont augmenter de manière exponentielle très rapidement. Peut –on accepter l’idée que les enfants seront les premières victimes en France ? Il faut savoir que le taux de pauvreté des enfants est depuis les années 2000 toujours supérieur à celui de la population française dans sa totalité.

Plus que jamais notre société a besoin de cohésion et d’égalité.

Nul petit Français ne doit vivre le sentiment d’exclusion ou de différence à cause de sa condition sociale. Il nous faut valider l’engagement de Ministre par notre action collective afin que cette mesure soit inscrite dans la loi et devienne obligation pour chaque responsable de considérer que le problème est grave et urgent. L’éducation doit pouvoir jouer son rôle pour tendre la main à chacun dans notre société républicaine.

Le monde est ce qu’il est et il nous faudra changer nous-mêmes afin qu’il devienne meilleur. Il nous faudra oublier de juger les plus fragiles, il nous faudra apprendre à tendre la main, il nous faudra apprendre à nous respecter les uns et les autres avec nos différences, il nous faudra apprendre que la pauvreté des uns est aussi une richesse pour le cœur.

Je vous donne rendez-vous en urgence pour cette action « petit-déjeuner » même si ce n’est pas grand-chose, c’est déjà beaucoup. Les enfants nous regardent.

* Un enfant sur quatre en 2020 vit sous le seuil de pauvreté en France, soit près de 3,5 millions d’enfants en situation de pauvreté. Le taux de pauvreté des enfants en France est de 20%, ce qui est nettement supérieur à celui de l’ensemble de la population qui oscille autour des 14%.

Jean-Luc Ginder – Economiste

Pour tout contact presse 06 03 90 24 75 ou jlginder@aol.com

Lien Facebook : Petits déjeuners à l’école

NB :
Jean-Luc Ginder, économiste, à l’initiative d’un Appel au petit déjeuner gratuit pour tous les enfants scolarisés
Auteur du livre Réflexion économique
Auteur du livre Phobiamanagement


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