En juillet 2016, j’ai été licenciée économique de la minuscule radio locale qui m’employait ici, chez moi, à Nevers. Durant 18 mois, je vous ai parlé de mon chômage. Le mien, pas celui du voisin.
Encore que.
Un livre est né de ces chroniques en 2017 puis un second en avril 2019. Depuis, je ne suis pas sortie d’affaire mais j’ai traversé la rue pour trouver une licorne à deux têtes. J’écris maintenant d’autres bouquins. Accessoirement, je râle, je grogne, je maugrée. Je donne mon avis même si on ne me le demande pas. Le mien, pas celui du voisin.
Encore que.
Un livre est né de ces chroniques en 2017 puis un second en avril 2019. Depuis, je ne suis pas sortie d’affaire mais j’ai traversé la rue pour trouver une licorne à deux têtes. J’écris maintenant d’autres bouquins. Accessoirement, je râle, je grogne, je maugrée. Je donne mon avis même si on ne me le demande pas. Le mien, pas celui du voisin.
Encore que.
Un livre est né de ces chroniques en 2017 puis un second en avril 2019. Depuis, je ne suis pas sortie d’affaire mais j’ai traversé la rue pour trouver une licorne à deux têtes. J’écris maintenant d’autres bouquins. Accessoirement, je râle, je grogne, je maugrée. Je donne mon avis même si on ne me le demande pas. .

ADSV.fr > Un regard lucide et décalé, toujours d’une rare pertinence sur le quotidien de tant d’entre nous. A lire pour s’informer, se détendre, rire (parfois jaune), et réfléchir.

« Le chômage baisse…  »

(dessin de Charb qui nous manque)

Le chômage baisse. En parallèle, le nombre de pauvres dans l’Hexagone atteindrait (selon l’Insee) les 9,3 millions. C’est ballot. Bien la peine de travailler plus pour gagner plus si c’est pour se retrouver – comme des cons – à rester des « Riens » errants dans les halls de gare. Faut dire aussi que certains s’évertuent à tomber dans la 4ème dimension de la logique biaisée du monde de l’emploi. Ou plutôt, de l’inemploi.

Tenez, un exemple : l’autre jour, j’ai reçu le message d’un monsieur qui s’est retrouvé dans la machinerie ubuesque de la startup-nation. J’avoue, il a fait fort. Tout d’abord il se fait virer. Ce n’est pas très malin. D’autant qu’il était formateur pour adultes et que y’a du taf dans la branche en ce moment. Bref. Dehors, circulez, y a rien à voir ! Au moment de son lourdage, il a 63 ans. Mais ayant bien intégré a bonne parole il se dit : « Je vais me sortir les doigts du cul et devenir intervenant indépendant ». D’un pas décidé, il s’inscrit d’abord chez Pôle Emploi pour toucher les indemnités auxquelles il a droit, tout en voulant monter sa petite entreprise… qui n’aura pas le temps de connaître la crise. En effet, l’ami Pôlo lui a gentiment déclaré que « nada peau-de-zob » en ce qui concerne les allocations-chômage : le monsieur en question a atteint l’âge de départ à la retraite, c’est pas un client pour lui. Allons bon ! Qu’à cela ne tienne, il change alors de trottoir et se rend à la Carsat pour demander sa retraite dorée. Et là… c’est le drame. Car à la Caisse d’Assurance Retraite, on soulève un point important : pour traiter son dossier, il faudra entre quatre et six mois.

Il a bel et bien des droits, mais il n’y a pas droit !

Merdum ! Il avait pourtant prévu de manger dans ces quatre à six mois. Ah mais voilà, fallait pas avoir 63 ans au moment du licenciement mon gars ! De retour chez Pôlo, il a tenté d’expliquer son léger souci de subsistance mais non… « Le règlement c’est le règlement ». Techniquement il doit être à la retraite. Fin de non-recevoir. Notre petit monsieur est dans une faille spacio-débilesque. Il a bel et bien des droits, mais il n’y a pas droit ! Va donc falloir trouver un plan B pour bouffer. Le RSA ? Pourquoi pas. Il est toujours en plein boom malgré la baisse du chômage. Quant à trouver du boulot en attendant, un potentiel employeur (au vu de sa situation) lui a avoué que le plus simple pour l’embaucher… serait d’attendre qu’il soit à la retraite.

La dystopie, c’est ce futur ultra-proche mais ultra-flippant où la technologie remplace totalement les gens au guichet

Mais qu’il ne se plaigne pas, il n’est pas encore en pleine dystopie le monsieur de la faille ! La dystopie, c’est ce futur ultra-proche mais ultra-flippant où la technologie remplace totalement les gens au guichet. Une enquête du journal The Guardian explique que de nombreux pays – dont le nôtre – tentent d’automatiser de A à Z le versement des allocations aux plus pauvres. De faire en sorte que les robots s’occupent de croiser les données pour savoir si tu vas toucher des allocs, des droits, des aides. Résultat ? En Inde, un gars est littéralement mort de faim parce qu’une intelligence bien artificielle lui a coupé les vivres par erreur. Aux Etats-Unis, dans l’Illinois, y’a des bécanes qui réclament des arriérés sur plus de 30 ans à des gens déjà largement dans la merde. Alors oui, notre monsieur (qui ne mangera pas durant au moins quatre mois) peut s’estimer heureux. Car d’ici peu, les machines géreront le chômage, les allocs-logement, le minimum-vieillesse ou le RSA.

Et dans ce cas, la bécane ne prendra certainement pas la peine de l’inscrire aux Restos du Cœur.

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  5. A BIENTÔT … ?