14ème rapport épidémiologique « Dénombrer & Décrire » : la mortalité des personnes sans chez-soi en France en 2025
Mortalité des personnes sans chez-soi en 2025 : 927 décès recensés, un âge moyen de 49 ans. « Ce n’est pas un bilan, c’est un réquisitoire. »
Le Collectif Les Morts de la Rue publie le 14ème rapport annuel « Dénombrer & Décrire ».
En 2025, 927 personnes sont mortes sans chez-soi. Au cours de leurs trois derniers mois de vie, 306 vivaient dans la rue, 264 étaient hébergées et pour 357 d’entre elles, nul ne sait où elles dormaient. Un chiffre stable par rapport à 2024 (938), qui n’est pas un recul de la mortalité : toutes les régions hormis le Pas-de-Calais sont en hausse, et le nombre de décès recensés a été multiplié par 2,2 depuis 2012.
La réalité, hélas, est nécessairement pire
Ce recensement annuel ne retient que les décès systématiquement vérifiés et authentifiés par l’acte de décès. Ce recensement n’est ni une projection, ni une estimation statistique, et de nouveaux décès continuent d’être enregistrés au fil des signalements, parfois survenus des années plus tôt ; d’autres ne pourront jamais l’être. Les chiffres publiés ne sont donc ni exhaustifs, ni définitifs : ils constituent un plancher documenté. La réalité, hélas, est nécessairement pire
Les chiffres clés de 2025
- 927 personnes mortes sans chez-soi : 306 en situation de rue, 264 hébergées, 357 sans
lieu de vie connu. - 49 ans : l’âge moyen au décès, soit 30 ans de moins que la population générale (79,5 ans).
- 1 décès sur 3 survient dans l’espace public, contre 1 % dans la population générale.
- 1 décès sur 5 est une mort violente : 43 homicides, 43 noyades, 24 suicides, 22
intoxications, 16 décès liés au feu. - 22 décès liés au froid, le plus haut niveau depuis 2012.
- 83 % d’hommes.
- 20 enfants de moins de 15 ans figurent parmi les décès.
- 78 départements comptent au moins un décès recensé (contre 68 en 2024) ; l’Île-de-
France en concentre 38 %. - Genre et âge : la part des femmes progresse (14 % contre 11 % sur 2012-2024), rejoignant
la féminisation du sans-abrisme décrite par le Sénat ; les décès de femmes culminent entre
35 et 39 ans, ceux des hommes entre 50 et 59 ans. - Violences et soins : des agressions subies sont rapportées pour 81 personnes (au moins
47 avec séquelles durables) ; un refus de soins est signalé pour 94 personnes, soit un tiers
des réponses connues. - Les décès en structure d’hébergement progressent : plus d’un sur dix en 2025, contre
7 % sur la période 2012-2024. - Mourir sans chez-soi : deux trajectoires, une même exclusion : 60 % des 15-25 ans
décèdent dans l’espace public, plus de la moitié des plus de 65 ans en lieu de soins, et plus
d’un décès sur dix désormais en hébergement (contre 7 % sur 2012-2024) — contre plus
de quatre sur dix à domicile ou en Ehpad dans la population générale. - Placement dans l’enfance (focus inédit) : parmi les personnes dont l’enfance a pu être
documentée (637 depuis 2012), plus d’une sur trois a été placée ; placées, elles meurent
trois ans plus tôt (45 ans contre 48 ans).
S’y ajoutent : 108 personnes décédées en logement après un parcours de rue ou d’hébergement au cours de leur vie, et 6 personnes tout récemment à la rue. Les premières meurent onze ans plus tard que les personnes mortes sans chez-soi, mais vingt ans avant la population générale.
Soit un total de 1 041 décès recensés en France en 2025 liés au sans-abrisme
À propos du Collectif Les Morts de la Rue
Pourquoi « Morts de la Rue » et non « Morts dans la Rue » ? Derrière ce nom, une réalité.
« Morts dans la rue » ne désignerait que les personnes décédées physiquement dans l’espace public. Or les personnes vivant sans chez-soi meurent aussi à l’hôpital, en hébergement, en squat, ou dans tout autre lieu. Il est essentiel de rappel que le fait d’être « sans abri », « sans domicile » ou « sans chez-soi », constitue un facteur de mortalité prématurée indépendant de tout autre facteur social défavorable.
En portant le nom « Morts de la Rue », le Collectif rend ainsi visible la mortalité massive et précoce des personnes sans chez-soi en France, où qu’elles meurent
Conférence de presse du 28 octobre 2026 à 10h, 5 rue Léon Giraud, 75019 Paris
Présentation du 14ème rapport : 29 octobre 2026, de 10h à 12h30, Mairie du 19ème Paris
En interpellant, en honorant ces morts, nous agissons aussi pour les vivants !
Télécharger ICI le rapport résumé
Télécharger ICI le rapport complet


Retrouvez ICI le dernier hommage national aux morts de la rue, à Paris le 2 juin 2026


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