La France, ce pays des lumières est en train de sombrer dans l’obscurité. La crise sociale des Gilets Jaunes avec une forte majorité de la population derrière eux est symptomatique du ras-le-bol général des Français et Françaises. Loin des Lumières prônant une société avec une certaine idée de la liberté, de la tolérance et de la justice en puisant ces racines dans la raison et la science. Macron inverse totalement ces rapports pour pousser au plus loin l’exploitation de tous pour l’avidité de quelques-uns.

… les miettes de pain descendront comme prévues sur la table des prolétaires …

Cependant, l’idée macronienne peut se dissoudre dans la pensée proche de Voltaire : une société munie d’une royauté éclairée associée à une Bourgeoisie comme source de progrès et de raison. Ainsi, le gouvernement prend grand soin de sa petite élite : les premiers de cordées, l’intelligentsia contre les fainéants, les illettrés, les cyniques… C’est pourquoi Macron modifie l’ISF (4 milliards € en moins pour l’État), diminue les impôts sur les entreprises (11 milliards € en 5 ans) , supprime la taxe sur les dividendes (1,8 milliard €) dont Édouard Philippe a promis de rembourser les actionnaires (5,7 milliards € en 5 ans), supprime la Flat Tax sur les revenus du capital (1,3 milliard €), allège le dispositif contre l’évasion fiscale Exit Tax, fin du CICE (dont il est pourtant l’initiateur inavoué) qu’il fait coïncider la même année avec une baisse des cotisations sociales afin de le remplacer (40 milliards €). Et bien entendu, les miettes de pain descendront comme prévues sur la table des prolétaires …

Le philosophe des Lumières Diderot, bien qu’il était également partisan d’un régime de royauté tempéré (comme au Royaume-Uni), reconnaissait qu’il faut une égalité devant l’impôt.

Mais où est cette égalité quand des grandes entreprises contournent l’impôt ? Aujourd’hui, la fraude et l’évasion fiscale se situe entre 80 et 100 milliards d’euros avec le concours de l’Etat puisque aucun dispositif majeur n’est mis en place. Pire encore, des milliers de suppression d’emplois sont attendus dans le FISC jusque 2022. De plus, tous les 5 ans un nouveau scandale fait surface et le taux d’évasion augmente. Mais cette inégalité est aussi faite par l’état lui même. Par exemple quand il modifie l’ISF pour le réduire à néant faisant perdre pas moins de 5 milliards de recettes fiscales par an. A contrario, cette somme aurait pu financer la création de 100 000 emplois dans la fonction publique pour résoudre les problèmes d’effectifs dans le secteur éducatif et hospitalier. De plus, les impôts pour les riches ont diminué d’environ 50 milliards € depuis les années 80.

Chez Jean-Jacques Rousseau, on trouve une méprisance pour la richesse, pour la propriété privée. Alors quelle serait sa réaction aujourd’hui quand les niches sociales et fiscales atteignent au moins 200 milliards d’euros depuis 2000. Cette année, les ultra-riches ont été encore plus loin dans leur rapacité. Depuis la diminution massive de l’ISF, les dons aux associations ont diminués de 50 % soit une diminution de 130 à 150 millions d’euros. Pourquoi ? Car le don était autrefois déduit de l’impôt du bourgeois. En d’autres termes, il n’y a plus d’intérêt pour le riche de donner aux associations caritatives. Alors à tous les libéraux et réactionnaires, avant d’affirmer qu’il y a un assistanat des pauvres, on peut affirmer qu’il y a un véritable assistanat des riches.

 » Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s’en passer » … « il est donc incontestable, et c’est la maxime fondamentale de tout droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non pour les asservir » écrivait Rousseau dans son discours sur les inégalités. Alors Macron, qui présente la France comme une source de lumière contre l’obscurantisme politique devrait relire ces textes fondateurs d’une philosophie de la morale et de la raison. Une chose est sure, les pauvres et les précaires ne sont pas responsables de leur situation. Ce n’est que grâce à l’opulence des riches qu’existe la misère des pauvres

Valentin ASTIER (51)

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