Ion Zion est une mère de famille, célibataire, avec quatre enfants. Elle a beaucoup voyagé et vécu un peu partout. La cité, la Martinique, les favelas. Polyglotte et nourrie de nombreuses cultures, elle aime les gens et a envie de partager. Ion Zion a aussi connu des hauts et beaucoup de bas. Et en ce moment, c’est la galère.

Le dessin, elle l’a appris « comme ça » : « J’ai su dessiner avant de savoir écrire et j’ai toujours communiqué par le dessin« . Pour Ion Zion, le dessin est comme un exutoire, un moyen de « vivre mieux » et de « dire les choses ». « Je ne dessine pas pour rien, chaque dessin est un cheminement« . A travers cette chronique, Ion Zion nous fait découvrir ses univers et ce qu’elle a à dire : « l’autre côté du décor dans les îles françaises, la justice qui est faite pour les riches, une société qui nous tient par la peur …« 

LE HAMAC @Ion Zion

Bonjour à tous, pour démarrer ce premier épisode de mes aventures sur le Journal de Sans-Voix, je voulais vous parler de ce dessin, qui symbolise mon identité ici.

Quand je suis arrivée dans les Antilles Française adolescente, j’étais persuadée d’avoir tout compris, que ma culture de française de métropole était tellement forte riche et puissante…..et puis j’ai rencontré le peuple des Antilles, qui m’as appris d’abord leur langue le créole et puis leur mode de vie, leur culture, leur philosophie de la vie et tellement d’autres choses, les bonheurs simples, la nature, la solidarité, à rire même quand tout va mal surtout quand tout va mal…..j’ai su que je ne savais rien!

J’ai fait ce dessin parce qu’un jour où j’avais la tête prise dans mes problèmes d’ado, maudissant la Terre entière énervée et bougonnant toute seule, un vieux pêcheur qu’on appelait LA FRANCE, parce qu’il lisait le France-Antilles tout les jours impertibablement, m’as vue rageuse et me dit :

« Ecoutes-moi  Petite Marmaille quoiqu’il arrive demain il fera jour, le soleil se lèvera avec ou sans toi alors vis et laisses tes problèmes là où ils sont, ai confiance, ai la Foi et vis, reposes ton esprit et regardes le soleil se coucher sur la mer, écoute le clapotis de l’eau, berces-toi de son doux ressac, sent les alizées te carresser la joue, prends un livre, lis et tu verras tout finiras par s’arranger« 

Alors je me suis souvenue de la France, et j’ai fait ce dessin en pensant à ce vieux pêcheur, mort maintenant, qui avait tellement raison et qui m’as tellement appris. Il m’appelait VAGABONDE parce que je ne mettais jamais de souliers dans mes pieds, et que seuls les vagabonds sentent la chaleur de la Terre à chacun de leur pas.

ION ZION (à retrouver aussi sur Facebook)

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