Un article paru sur le site de l’Observatoire de Inégalités le 23 octobre 2018

En France, 84 % de la population estime que la pauvreté va augmenter dans les cinq prochaines années. 23 % de la population estime qu’il y a un risque personnel pour elle de devenir pauvre.

En France, 84 % de la population estime que la pauvreté va augmenter dans les cinq prochaines années selon les données 2017 du ministère des Solidarités. Plus on pense que la pauvreté augmente, plus on se sent inquiet pour son avenir. 23 % de la population estime qu’il y a un risque personnel pour elle de devenir pauvre (réponse « oui  », et « oui, plutôt »), 63 % estiment qu’il n’y a pas de risque (ou « plutôt pas ») et 13 % se sentent déjà pauvres et ne peuvent donc pas le devenir. Les Français ne sont pas « pessimistes » mais réalistes, puisque selon l’Insee, sur cinq ans, un tiers de la population a été confronté à la pauvreté [1]

Le ministère des Solidarités pose aussi une question dans un registre un peu différent : « Est-ce que la pauvreté est un sujet qui vous préoccupe personnellement ? ». L’enquête tente ici de mesurer le niveau d’inquiétude des individus vis-à-vis du phénomène dans l’ensemble de la société. Les Français répondent « oui », à 90 % depuis le début de l’enquête. Le fait que chacun puisse disposer de conditions de vie dignes est essentiel pour l’immense majorité des Français et c’est une très forte préoccupation. Pour partie il est vrai, comme l’analyse le sociologue Julien Damon, cette sensibilité à la pauvreté dépend de l’ampleur du débat sur le sujet. « Il est probable que la qualité et l’orientation des discours publics, assis désormais sur un ensemble de chiffrages touffus, jouent un rôle en la matière », note-t-il [2].

La question de la pauvreté est une préoccupation majeure de la population. Sans doute en partie parce qu’elle est mieux sensibilisée aujourd’hui à la question, mais surtout parce qu’en dépit de l’enrichissement de notre société, un grand nombre de personnes continuent à demeurer à l’écart du progrès. C’est bien au fond une question d’inégalités qui est posée. Reste à élaborer des politiques publiques à la hauteur des attentes.

Voir l’intégralité de l’article ICI sur le site de l’Observatoire des Inégalités


[1« Pauvreté monétaire et en termes de conditions de vie : sur cinq années un tiers de la population a été confrontée à la pauvreté », in Les revenus et le patrimoine des ménages, édition 2012, Insee Références, Insee,
2012.

[2« Que pensent les Français de la pauvreté ? », Julien Damon, Droit social n° 12, 2010.

 

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1 COMMENTAIRE

  1. D’après les chiffres de l’INSEE 2015,le département du CHER présente le taux de pauvreté(part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté fixé à 1015 euros)le plus élevé de la région Centre val de Loire soit 14,7% ainsi que l’Indre 14% l’Eure et loir 12,9% Indre et Loire 12,5% Loire et Cher 12,8% et Loiret 13,4%
    Autre donnée révélant une précarisation réelle dans le Cher : les données révélées par la CAF pour 2017 faisant apparaître une part importante d’allocataire vivant sous le seuil de bas revenus 1052 euros ainsi qu’une proportion marquée du nombre d’allocataires pour lesquels les prestations représentent 100 % des revenus (20%, la moyenne régionale étant de 15 % )dans le Cher 3 territoires connaissent ainsi des taux de pauvreté dépassant ou approchant 20 %: Vierzon-Sologne -Berry , Berry grand sud et régions autour de Sancoins . Le chômage de longue durée est très élevé dans le Cher et concerne près de la moitié des demandeurs d’emplois. la part de 15*24 ans sans emploi sans études et sans formation est importante notamment dans les bassins de St Amand , Nérondes ou Sancoins . Voilà le constat de la pauvreté dans la région Centre

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