Le début du mois d’août 2015 a été l’occasion de revendications parallèles sur la place de la République à Paris : l’association Droit au logement (DAL) a tenté d’alerter l’opinion publique sur le sort des expulsés et des mal-logés tandis qu’un collectif d’associations antinucléaires a commémoré le 70e anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

Or ces deux manifestations, qui se sont côtoyées dans une indifférence mutuelle, ont connu des audiences divergentes. Placé en marge de l’espace public, le DAL a été confiné dans une discrétion qu’un désintérêt médiatique a renforcée. Occupant le centre et la majeure partie de cet espace, les associations antinucléaires ont réussi, au contraire, à mobiliser des médias donnant un écho inhabituel à la cause du désarmement nucléaire.

Du 6 au 9 août 2015, des revendications parallèles ont donc résonné place de la République, les unes centrées sur le souvenir du passé et la peur de l’avenir, les autres terriblement ancrées dans le présent et l’urgence ; des personnes aux préoccupations très diverses se sont aussi vues et frôlées, sans véritablement se rencontrer.

Cette cohabitation cloisonnée a illustré la profondeur d’une fracture sociale entraînant les exclus de l’intérieur dans un effacement forcé jusqu’à ce que l’irruption d’un sans-abri, au cœur des revendications antinucléaires, ne remette en question ce semblant d’ordre social.

Tel est l’enjeu du texte librement téléchargeable « Indifférences parallèles » de Philippe Bujnoczky rapportant la variété d’engagements militants place de la République en cet été 2015.

Philippe Bujnoczky (77)

 

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